Guéant, l'immigration et le syndrome du tournedo

C'est une vraie joute qui s'est engagée entre François Bayrou et Claude Guéant!

Le premier à dégainer c'est François Bayrou qui dans une interview pour le Parisien dimanche 29 mai a répondu: "D’abord les chiffres avancés sont grossièrement faux. Ensuite le choix de faire de l’immigration une obsession, sur tous sujets, rend le pays incapable d’avancer."

A boulets rouges sur "les immigrés"...

Bayrou fait référence au discours de Claude Guéant du 25 mai à l'Assemblée Nationale, discours dans lequel il affirmait que deux tiers des échecs scolaires seraient liés aux enfants d'immigrés.

Guéant n'est pas à une entorse près et n'a point peur du ridicule... Lundi 30 mai, dans une lettre communiquée à la presse, il rétorque à François Bayrou que ses chiffres sont exacts! Il cite le rap­port de l'Insee sur les immi­grés en France (édition 2005) selon lequel "les enfants de familles immi­grées sortent presque deux fois plus sou­vent du sys­tème éduca­tif sans qualification" que les autres enfants.

"Cela revient stric­te­ment à ce que j'ai dit, à savoir que parmi les enfants qui sor­taient sans qua­li­fi­ca­tion de l'appareil sco­laire, les deux tiers étaient des enfants de familles immi­grées".

Syndrome du tournedo?

Aïe, c'est là où le bât blesse! M Guéant a attrapé le "syndrôme du tournedo", voyez vous-mêmes: "Trop cuits, les invités ne mangèrent pas les tournedos". Il y a les bons mots, mais pas dans le bon ordre! Guéant nous fait à peu près la même chose avec un raisonnement mathématique scabreux et tout simplement... FAUX!

J'attends donc avec impatience la réaction de François Bayrou qui ne tardera pas, j'en suis sûr, à venir! Attention, match en 2 sets gagnants... Sûrement pour Bayrou! Et pour Guéant, ce sera Fanny...

Génération démocrate, génération gagnante

Du 14 au 24 juin 2011, les militants du Mouvement Démocrate sont appelés à élire leurs conseillers nationaux. Le conseil national est le "parlement" du MoDem. Le collège des adhérents est composé de 180 membres élus au scrutin de liste régionale. L'Ile-de-France compte 32 conseillers nationaux.

Avec Christophe Grébert et Christelle Carcone, j'ai le plaisir de participer à la dynamique "Génération Démocrate".

Nous représentons une équipe d’adhérents représentant les 8 départements de l’Île-de-France, femmes et hommes issus de tous les horizons, offrant une diversité de talents et de compétences, à l’image de notre Mouvement. Élus, responsables de sections ou d’associations, militants actifs, étudiants ou blogueurs... cette équipe est engagée au quotidien sur le terrain.

Dans un esprit constructif et collectif, nous soutenons la position d’indépendance du Mouvement Démocrate au centre, ses valeurs d’humanisme, de démocratie, de pluralisme, son exigence en matière d’écologie, et sa volonté de renforcer une Europe protectrice, solidaire et créative dans la mondialisation.

Nous aurons à cœur de mériter la confiance des adhérents du MoDem en les représentant au Conseil national, pour faire avancer et gagner nos idées à l’approche de rendez-vous électoraux cruciaux pour notre Mouvement et pour notre pays.

2012 est notre échéance immédiate, mais notre engagement s'inscrit dans la durée, afin de défendre le projet de renouvellement démocratique initié par François Bayrou et l'installation d'une force centrale et modérée dans le paysage politique français.

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Amicalement,
Antoine

La politique autrement, c'est la constance!

Jean-Paul Besset, eurodéputé Europe Ecologie Les Verts, quitte le navire. Pour être exact, il décide de "renoncer à toute responsabilité" estimant qu'un climat de "guerre froide" s'est installé à la tête du parti. Mais le geste politique est là: dans une lettre amère intitulée "Pourquoi j'abandonne", le député européen dénonce les luttes d'ambitions et ne souhaitant pas être le faire valoir d'une prétendue "illusion fédératrice", il se retire...Pascal Durand devrait suivre.

Souvenirs?

Combien de Français ont rejoint le Mouvement Démocrate en 2007, mouvement nouvellement créé et porteur d'un espoir alternatif dans le paysage politique français, sclérosé par le sectarisme des deux grandes formations politiques, les monstres que constituent la coalition PC-PS-Verts et l'UMP.

Parmi eux, certains s'engagent activement, les uns par conviction, les autres parce que nouvel appareil devait bien signifier nouvelles places... Parmi les seconds on a senti un frémissement en 2009 après les mauvais scores électoraux des européennes. Puis le frémissement s'est transformé en claquements de portes en 2010 après l'échec des régionales.

Et les voilà qui sautent dans l'arche Europe Ecologie, le parti "hype" du moment!

Aujourd'hui qu'en reste-t-il? Les passes d'armes entre Daniel Cohn-Bendit et Jean-Vincent Placé aboutissent à des compromis étonnants comme le rappelle Jean-Paul Besset: "à l'image du nom retenu (Europe Ecologie-Les Verts), il reproduit ce que nous avions eu tant de mal à contenir dans l'avant Lyon". Il est à parier que ce départ d'un représentant modéré de la branche "Hulot" ne sera pas sans suite et risque de créer un profond malaise, un de plus, chez les sympathisants #EE...

Le recommencement perpétuel

Posons-nous les bonnes questions! Car le problème sous-jacent est profond: la France a besoin d'une voix nouvelle, et les Français sont en quête de renouveau. Dans un climat morose, de déceptions successives vis-à-vis du pouvoir actuel et plus généralement des partis en place, les citoyens ne savent plus à quel saint se vouer...

N'attendons pas de miracles, seul le travail de long terme permet d'installer une nouvelle manière de penser la politique.

La vie publique a besoin d'un changement profond, mais comme tout changement durable, il doit se faire dans la stabilité, la durée.

Trouver une voie durable d'engagement

On a reproché à François Bayrou de s'attaquer directement à la politique de Nicolas Sarkozy. Il l'a fait dès 2007, aujourd'hui les Français ont le bilan de cette politique sous les yeux! Je me rappelle également Jean-Michel Apathie le raillant quand il dénonçait le poids grandissant des déficits publics et de la dette... Aujourd'hui qui n'en parle pas?

Les fondamentaux du centre n'ont pas changé, lucidité et humanisme. Et il existe enfin un parti réellement indépendant, non aligné sur les deux machines de guerre "gauche" et "droite".

Pour sa constance et sa vision juste de la société, j'ai choisi de rester aux côtés de François Bayrou et de tous ceux qui oeuvrent à l'installation d'une voix centrale équilibrée au sein du Mouvement Démocrate.

Certains ne le comprenaient pas, mais les évènements récents me confortent dans ma conviction: seule la constance, la persévérance paie pour faire évoluer le paysage politique français durablement. Ce ne sont pas les coups qui comptent, c'est le travail de pédagogie à long terme auprès des Français: Paris ne s'est pas faite en un jour!

Je vous recommande la lecture de cet article de Rémy Lefebvre sur la situation de sclérose des gros partis.

Le Père Noël viole HADOPI!

Sujet léger pour aujourd'hui... Dehors la neige tombe à gros flocons et la nuit s'abat sur nos petites chaumières! Quel meilleur moment pour penser à Noël? Déjà les lumières scintillent dans les rues, le vent nous glace... On attend avec impatience le Père noël mais...

Le Père Noël ne passera pas!

Pendant ce temps là, le Père Noël traîne sur Facebook! Allez sur http://www.facebook.com/ParlerAuPereNoel et jugez par vous-mêmes... il passe son temps à chatter avec le péquin!

Parmi le florilège, il y a ceux qui se font répondre "je n'ai pas le temps" (et alors inutile d'insister!), ceux à qui l'on demande 10 fois "dis-moi mon petit, que voudrais-tu pour Noël?"... Le mieux est d'aller voir!

Si vous n'avez pas d'amis pour le réveillon de Noël, que vous êtes en froid avec votre belle-famille ou toute autre raison, Père Noël est là pour vous agacer avec ses réponses stéréotypées et parfois à côté de la plaque. Mais pour l'avoir essayé, je dois reconnaître que l'automate est assez bon, il lui manque peut-être un peu de mémoire temporelle car s'il réagit au quart de tour, il se répète souvent!

Marketing viral: je tire mon chapeau!

L'essai est gagnant pour VirtuOz qui est ainsi découvert par le plus grand nombre. On leur consacre même des billets de blog, c'est dire!

Alors force est de tirer sa révérence et de vous laisser perdre votre temps à lui parler de la manière la plus mièvre possible, avec des yeux écarquillés, émerveillés... C'est aussi ça la magie de cybernoël!

Comme le relève Cayen Consulting, la SNCF avait déjà surpris le Père Noël en flagrant délit à Amsterdam! Voyez vous-mêmes!

D'ici à ce qu'il se mette à télécharger illégalement, lui aussi sera victime d'Hadopi... et il ne passera vraiment pas, préparez vos enfants!

Bank run: le grand irresponsable!

L'appel de Cantona, l'ancien footballeur, a été largement relayé: il appelle à retirer massivement son argent des banques vendredi 7 décembre. Son appel a dépassé les frontières puisqu'en Belgique, la réalisatrice Géraldine Feuillien a lancé un appel similaire, traduit dans un nombre croissant de langues sur le site http://www.bankrun2010.com/
Selon Cantona, si le monde financier reste sourd aux appels des citoyens, le seul moyen de stopper les comportements spéculatifs est de priver les banques de leur outil: l'argent. Moyen radical.

Les banques ont peur!

Si la cause est noble, le moyen est plus que douteux, il est criminel d'inconscience... Le rôle principal des banques est en effet de financer l'économie par le crédit. La crise dans laquelle nous sommes entrés en 2008 est d'abord une crise du crédit, les banques, par manque de confiance ont bloqué le financement aux entreprises ce qui a entraîné la transmission de la crise financière vers l'économie.

Si les causes seraient différentes (cette fois-ci par manque de liquidités), les effets seraient les mêmes. Les banques, privées de leur fonds de réserve seraient dans l'incapacité de prêter.

Si le système bancaire se démonte, ce sont les Etats et donc les citoyens qui paieront le lourd fardeau des conséquences. Les banques centrales (en Europe la Banque Centrale Européenne) n'ont qu'un très faible levier: leurs taux directeurs sont très bas (1% pour la BCE), or il ne peuvent pas être négatifs. Seul moyen, un plan de sauvetage des banques comme on en a connu depuis 2008.

Le Bank run ou l'implosion générale

Dans un climat de défiance générale et surtout de méconnaissance du système financier, en effet, le risque de bank run existe bel et bien. On se souvient de la ruée vers les guichets de la banque anglaise Northern Rock en septembre 2007, qui avait dû être nationalisée par la suite.

Un bank run est un phénomène facilement compréhensible: lorsque les déposants craignent une défaillance de la banque, c'est-à-dire qu'elle devienne insolvable et soit dans l'incapacité de restituer les fonds déposés, les épargnants accourent vers les guichets pour retirer leur argent. Jusqu'au moment où la banque devient effectivement insolvable!

Si un phénomène limité ne met pas en danger les banques, l'effet d'entraînement peut mener vers l'autoréalisation: les épargnants entendant que le risk de bank run existe, risquent de préférer retirer leurs économies, même s'ils ne répondent pas directement à l'appel.

La fédération belge du secteur financier (Febelfin) a réagit par la voix de son administrateur Michel Vermaerke: "Cette action peut déstabiliser notre fragile système financier! Certaines institutions bancaires en Belgique ont dû être sauvées par le gouvernement en raison des conséquences de la crise du crédit. Un tel sauvetage ne doit pas être réitéré car il est très coûteux."

Anecdote ou pas, le 7 décembre, ne courez pas!

L'espoir crédible pour les jeunes en Val de Marne

Le bureau des Jeunes Démocrates du Val de Marne se renouvelle à la veille du Congrès national des Jeunes Démocrates qui se se tiendra à Paris le 11 décembre. La liste "L'espoir crédible pour les jeunes en Val de Marne" souhaite relever le défi de mener les jeunes du Val de Marne vers l'échéance présidentielle et de préparer l'émergence de la jeune génération dans la vie publique.

A cette occasion, nous vous invitons à nous rejoindre et à nous contacter par mail à l'adressejeunes94@iledefrancedemocrate.fr

Les Jeunes Démocrates réunissent les adhérents du Mouvement Démocrate jusqu'à 32 ans inclus, qui souhaitent y participer. Conformément aux statuts de l'association, des élections doivent se tenir dans l'ensemble des départements afin de créer les mouvements fédéraux, permettant ainsi aux Jeunes Démocrates d'avoir une existence et une action dans chaque département.

Nous avons le plaisir de vous inviter à l'Assemblée générale des Jeunes Démocrates de Val de Marne, qui se tiendra le :
Dimanche 5 décembre 2010 à 17h30
Maison du Combattant
73, Avenue Diderot
94100 SAINT-MAUR-DES-FOSSES

L'ordre du jour sera le suivant :
- Présentation des projets des candidats et questions de la salle ;
- Election du Président des Jeunes Démocrates de Val de Marne ;
- Election du Bureau des Jeunes Démocrates de Val de Marne ;
- Election des représentants de Val de Marne au Conseil national des Jeunes Démocrates.

Rendez-vous pris le 5 décembre et d'ici là n'hésitez pas à nous contacter!

Politique: pourquoi l'INSEE fait peur!

On parle souvent des sondages que les hommes politiques commandent et utilisent à loisir pour renforcer leur action. Ce fut manifestement le cas dans la guerre des sondages Ifop/CSA qui annonçaient des chiffres très différents à quelques jours d'écart au sujet de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy.

Mais on n'aborde que rarement le sujet des statistiques publiques.

Certes, la manière dont elles sont établies peut être instrumentalisée. On pense par exemple aux statistiques du chômage (différentes de celle de l'inactivité) qui sont souvent fustigées: on accuse par exemple Pôle Emploi d'avoir des instructions visant à radier les chômeurs à tour de bras pour faire baisser le taux de chômage.

Mais les statistiques offrent au citoyen le moyen d'observer l'évolution de la situation dans un pays donné. J'ai décidé d'écrire ce billet car je cherchais des données portant sur l'industrie française... Malheureusement pour moi, le Ministère de l'Industrie ne publie plus, comme c'était le cas, des chiffres de conjoncture, mais les transmet à l'INSEE qui les publie elle-même. On y perd: l'INSEE a besoin d'un délai de 2 ans pour faire cette re-publication!... alors que ces chiffres étaient disponibles immédiatement auprès du Ministère.

Je me suis donc demandé pourquoi l'INSEE avait besoin de tant de temps pour valider des chiffres fournis par les services de l'Etat... Et voici la conclusion à laquelle je suis parvenu: le politique de manière générale est gêné lorsqu'un institut publie, hors de son contrôle direct, des chiffres qui pourraient remettre en cause l'efficacité de ses choix...

Comment "brûler le porteur de mauvaises nouvelles"?

On pourrait presque croire à de l'acharnement contre l'INSEE!
Dans un communiqué du 2 avril, le Comité de Défense de la Statistique Publique rappelle que l'institut a subi une réduction de 14% de ses effectifs entre 2006 et 2010, que la RGPP "va en supprimer 9% supplémentaires à l’horizon 2015". C'est dans ce climat de tensions que le gouvernement lui impose une baisse de 25% de ses crédits de fonctionnement en 2010 (après une baisse de 9% en 2009)...

Prenons du recul par rapport à ces annonces. Certes, on connaît les lourdeurs administratives et les coûts importants qui en découlent. Néanmoins, l'organe statistique apporte des informations cruciales au bon fonctionnement démocratique du pays puisqu'il remplit une mission d'information publique.

Les réductions d'effectifs ont poussé l'INSEE a faire de plus en plus appel à la sous-traitance y compris afin de réaliser ses propres travaux statistiques. Or la sous-traitance est généralement synonyme de dépenses supérieures! On comprend mal la logique ou du moins, on est amené à penser que la réorganisation est mal menée...

Enfin, pour parachever la "restructuration" de l'INSEE, le gouvernement prévoit la délocalisation des services statistiques (500 emplois) vers un nouveau pôle unique de la statistique à Metz, pour compenser les fermetures de casernes en Moselle. Ce déplacement représente un risque important pour la qualité des travaux de l'Institut comme le rappelle un rapport remis par Jean-Philippe Cotis (directeur général de l’Insee) et Jean-Pierre Duport. "Comme le suggèrent les expériences passées, les délocalisations de structures administratives sont source de coûts élevés et débouchent souvent, si l’on n’y prend garde, sur des échecs". Cette phrase résume assez bien ce que représente la rénovation des locaux, le déplacement des agents qui le peuvent ainsi que la perte de savoir faire des agents qui ne peuvent pas se déplacer. Tout ceci a un coût à l'heure des coupes budgétaires!

Baisse de la qualité des analyses statistiques

Ce que l'on peut craindre de cette réorganisation drastique est une perte de qualité dans les travaux fournis par l'INSEE alors que dans le contexte de crise actuel, les statistiques apportent un baromètre intéressant et important. Le "rapport Stiglitz" commandé par Nicolas Sarkozy invite à développer de nouveaux indicateurs pour mesurer le bien-être de la population. L'INSEE doit être un des acteurs principaux dans cette mise en place ; comment le fera-t-il si ses moyens d'agir sont réduits dans le même temps?

Les politiques n'aiment pas les statistiques publiques!

Le verdict de la statistique est définitif au point que le politique en a peur. Christian Baudelot, sociologue, interroge, cynique: "Pour en finir avec les inégalités, suffit-il de ne plus les mesurer?". Pourtant la statistique ne devrait pas être considéré comme un procès mais comme un moyen d'information et d'éclairage et le libre accès à une information non faussée est une condition sine qua non d’existence d’un régime démocratique.

A ce titre, la Commission européenne a intégré le 25 mai 2005 dans sa recommandation sur l'indépendance, l'intégrité et la responsabilité des services statistiques nationaux et communautaires, le Code de bonnes pratiques de la statistique européenne qui se donne pour objectif: "renforcer la confiance dans l'indépendance, l'intégrité et la responsabilité tant des autorités statistiques nationales que d'Eurostat et dans la crédibilité et la qualité des statistiques produites et diffusées par ces organismes".

On ne compte plus les attaques à l'indépendance de la statistique publique: un rapport sur les résultats du RSA fustigé, le directeur général de l'INSEE limogé en octobre 2007, rétention manifeste de chiffres liés au chômage ou à l'Education Nationale selon les syndicats,... Le 20 mars 2009, Nicolas Sarkozy a été jusqu'à attaquer directement l’Insee en l'accusant de faire un "concours" avec les autres instituts de prévision, à celui qui annoncerait "la plus mauvaise nouvelle".

Ce n'est pas la première fois que l'indépendance de la statistique publique est écornée: sous le gouvernement Balladur, un autre institut réputé pour son indépendance et la qualité de ses études, notamment sur les inégalités sociales, a déjà été supprimé: le Centre d'Etudes des Revenus et des Coûts.

Tout ces éléments conjugués font planer une question: quel est l'objectif réellement poursuivi par l'Exécutif? Souhaite-t-il se débarrasser d'un institut ou du moins le rendre le moins indépendant possible pour ne pas être fâcheusement contredit?

Il me semblait important d'évoquer cette question et de relayer l'alerte vis-à-vis de cette atteinte à un outil de la démocratie.

Voici des liens intéressants pour approfondir le sujet:

Dossier de Mediapart "En défense de la statistique publique"

Dossier de presse du Comité de Défense de la Statistique Publique

Usurpation d'identité: protéger les libertés individuelles?

La petite loi LOPPSI2 qui est ressortie le 8 septembre du Sénat crée un délit d'usurpation d'identité qui étend le délit existant,
sur Internet comme dans la vie "réelle", au-delà des conditions assez restrictives qui existaient déjà en droit français.

Elle ajoute au code pénal un article rédigé comme suit:

"Art. 226-4-1. – Le fait d'usurper l'identité d'un tiers ou une ou plusieurs données de toute nature permettant de l'identifier en vue de troubler sa tranquillité ou celle d'autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération, est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende.

Cette infraction est punie des mêmes peines lorsqu'elle est commise sur un réseau de communication électronique ouverte au public."

Malgré les nombreuses controverses entourant le projet de loi LOPPSI (que je n'approuve évidemment pas dans son intégralité),
c'est selon moi une bonne nouvelle pour la protection des libertés individuelles.

Pourquoi créer un tel délit?

Nombreux sont ceux qui avancent l'argument selon lequel l'état du droit permet déjà de qualifier une usurpation d'identité et que cette disposition de la LOPPSI2 est superflue.

Pour défendre l'introduction de cet article, on évoque souvent l'absence d'une telle qualification en cas de diffamation après usurpation d'identité. C'est le cas de Michèle Alliot Marie, alors Ministre de l'Intérieur, qui défendait son projet de loi devant la commission des Lois de l'Assemblée Nationale en juin 2009.
Or ce n'est selon moi pas l'enjeu du débat car la diffamation constitue déjà un délit ou une contravention selon les circonstances.

Plus simplement, l'usurpation d'identité touche l'intimité de la personne.
Et elle n'existe pas comme délit en soi, elle doit être accompagnée d'une faute pour être qualifiée. Je suis profondément libéral et il me semble important que la loi protège l'individu contre cette atteinte à son intégrité.

Ce qui existe jusqu'ici...

Aujourd'hui, lorsque la motivation est financière, on qualifie souvent un délit d'escroquerie.
Dans d'autres cas, l'article 434-23 du code pénal sanctionne "le fait de prendre le nom d'un tiers" mais uniquement "dans des circonstances qui ont déterminé ou auraient pu déterminer contre celui-ci des poursuites pénales", c'est-à-dire si l'usurpation risque de voir poursuivi l'usurpé au pénal.

En matière de responsabilité civile de droit commun (article 1382 du Code Civil), le droit exige la commission d'une faute, un préjudice subi par la victime et un lien de causalité entre cette faute et ce préjudice pour qualifier l'usurpation.

Nécessité de créer l'usurpation "pour soi"

Mais l'usurpation d'identité peut exister sans "faute" caractérisée et demeure néanmoins une atteinte à l'intégrité de la personne. En ce sens, l'existence d'un délit d'usurpation d'identité pour soi est selon moi une avancée en matière de protection des libertés individuelles.

Olivier Iteanu précisé néanmoins (voir ici)
qu'en l'absence de faute, "un courant doctrinal relève que le nom serait l'objet d'un droit de propriété au sens de l'article 544 du Code Civil.
Sa simple atteinte, même sans faute, suffirait alors à fonder une action en justice."
Une très ancienne jurisprudence existe à ce sujet et précise que
"le demandeur doit être protégé contre toute usurpation de son nom même s'il n'a subi de ce fait aucun préjudice."
(TGI Marseille, 9 Février 1965, D. 1965 270)

Il n'en demeure pas moins que les conditions de poursuite et de sanctions sont assez floues et que
très peu de jurisprudence existe à ce sujet.

J'accueille donc favorablement cette disposition!

Retraites: fin de la répartition et mauvaise foi?

Le problème épineux du départ sans décote à 65 ans

Le gouvernement refuse bec et ongles la proposition présentée par François Chérèque (CFDT) et François Bayrou
(qui a déposé un amendement à ce sujet) de maintenir le départ en retraite sans décote à 65 ans.

Eric Woerth tient absolument à porter cet âge à 67 ans et n'en démord pas... On peut se demander pourquoi tant de rigidité
alors que plus de flexibilité sur ce point rendrait sa réforme plus acceptable.

Le relèvement de 65 à 67 ans devant générer un tiers des économies attendues de la réforme,
ni son abandon ni son adoucissement ne sont envisagés par le ministre du travail.

Des coûts supplémentaires cachés

Pourtant, une note technique de Pôle emploi jamais publiée (voir article des Echos)
annonce une perte sèche d'au moins 200 millions d'euros par an
pour les caisses de l'assurance chômage en cas de relèvement du départ sans décote de 65 à 67 ans.

En effet, les personnes déjà au chômage et liquidant leurs droits à 65 ans resteront au chômage 2 ans de plus.
Il est difficile d'imaginer que dans la conjoncture actuelle, l'emploi des séniors puisse être rapidement renforcé pour contrebalancer ce transfert de coût.

Mais le gouvernement attend de son côté des économies de l'ordre de 20 milliards d'euros par an à l'horizon 2020 (ça n'est pas pour tout de suite!) avec le relèvement de 2 ans des âges légaux de départ à la retraite. Maintenir le départ sans décote à 65 ans hypothèquerait donc 6 milliards d'économies prévues en 2020...

Faiblir sur cette position signifierait pour le gouvernement un aveu d'insuffisance de cette réforme!

Par rapport aux besoins de financements supplémentaires, les économies réalisées en jouant sur les variables du régime de retraites (30 milliards en tout à l'horizon 2020) ne suffiront pas à combler le déficit grandissant...

Si Woerth renonce au relèvement à 67 ans du départ sans décote, il réduira encore les relativement "faibles" économies que sa réforme promet et la discréditera donc totalement. Ce n'est donc pas une question de mauvaise foi de sa part, mais plutôt un aveu: celui de ne pas avoir été capable de mener une réforme réellement utile et viable.

Vers la fin du régime par répartition?

En deux mots, régime par répartition signifie que les actifs paient les retraites des pensionnés. Or la constatation précédente m'amène à penser que la mort du régime par répartition est proche... alors que tout le monde se dit pour la sauvegarde de ce système qui fait notre fierté!

En effet, que ce soit du côté du gouvernement ou du côté du Parti socialiste, on demande une hausse de la fiscalité, au Nouveau Centre une hausse de la CSG... Et en effet, cette hausse est inévitable pour combler le déficit du budget national.

Mais selon moi, on fait des jeux d'écriture en bouchant un trou avec de l'argent qui ne devrait pas avoir de rapport avec les retraites!

La fin du système par répartition, cela signifierait que l'on rend les armes face à la difficulté de cette réforme.

Je ne me permettrai pas de jeter la pierre à qui que soit sur cette question!
Rendre une réforme des retraites acceptable est délicat et maintenir réellement le système par répartition est un tour de force car il supposerait d'aller plus loin dans la réforme des retraites elle-même.

Mais augmenter la fiscalité pèsera de la même manière sur les ménages, c'est en quelque sorte déplacer le problème pour ne pas le résoudre.
Et c'est, au passage, l'occasion pour le gouvernement de se défausser des promesses faites de ne pas augmenter les impôts!

Je suis de près le débat sur cette réforme importante et suis de plus en plus perplexe car le modèle des retraites par répartition reste en danger!

Rien ne sert d'être inflexible et de ne pas tenir compte du problème de justice sociale
quand dans le même temps on propose une réforme "à moitié faite": en ne tenant pas compte des situations difficiles (carrières incomplètes pour cause de chômage ou de maternité,...) on espère gratter des fonds de tiroir au mépris des personnes en situation de précarité alors que de toute façon le compte n'y sera pas!

En résumé, je pense qu'on ne va pas assez loin dans cette réforme, et surtout qu'on ne va pas dans la bonne direction!

Twitter et t.co, le début de la fin?

Je vais essayer d'être simple et didactique pour les dilettantes qui passeraient par ici!

Pour résumer, t.co est le service de réduction d'adresses URL qui permet à chacun de partager des liens sans utiliser les 140 caractères auxquels l'utilisateur a droit dans un "tweet". En effet, une adresse classique du type http://www.mon-blog.com/archives/mon-article.htm
utilise déjà 50 caractères... Difficile d'ajouter un commentaire pertinent après, et donc de donner envie de suivre le lien!

Grâce à un réducteur d'URL, l'adresse précédente devient par exemple http://t.co/Hr5erx qui compte moins de 20 caractères.

La transparence: t.co et son objectif premier

Il existait déjà des services de réduction d'URL gratuits comme tinyurl.com, bit.ly... mais ils ont un désavantage majeur: une adresse comme http://bit.ly/fe6tG peut toujours cacher un site indésirable (contenu pornographique, site de phishing...).

Les spammeurs utilisent allègrement ces adresses écran pour attirer les utilisateurs sur leur site, souvent en s'intégrant dans les discussions à la mode ou "trending topics"...

Pour éviter aux utilisateurs de cliquer sur des liens "spams", Twitter a donc eu l'idée de réduire lui-même les adresses URL et d'afficher une partie de l'adresse initiale ensuite: par exemple, si quelqu'un écrit "http://t.co/Hr5erx" dans un tweet, le lecteur lisait
"mon-blog.com/archives...", ce qui lui permettait d'avoir une idée du site qu'il allait visiter.

Tuer l'avantage du viral... résolument, non!

Mais ce principe signifiait la fin du "RT", ce moyen de socialisation qui s'est développé à l'heure des HT, OH, et autres mots doux (car au début, il n'existait pas que les RT)...

Or, à ma grande surprise et grande joie, j'ai pu remarquer comme vous que le réducteur d'URL automatique de Twitter, t.co, ne remplaçait plus les URL réduites par l'URL transparente sur l'interface web (site Twitter).

Revenons sur l'histoire du retweet & co

L'utilisation des RT et autres s'est développée petit à petit et a changé la manière d'utiliser Twitter (voir un article de 2008 au sujet des RT etc...).
En effet, les utilisateurs ont ressenti le besoin de communiquer, d'échanger, et ont créé un jargon qui leur permettait d'adapter l'outil Twitter, à l'époque rudimentaire, en réseau social performant. Twitter a d'ailleurs intégré ces pratiques dans son outil de base après avoir remarqué l'intérêt qu'elles avaient pour augmenter la capacité à mettre en réseau les utilisateurs.

Quelle incidence pour les utilisateurs?

L'interface web est encore utilisée par 25% des utilisateurs (source Evan Williams, avril 2010).
Autant d'utilisateurs bloqués quand ils souhaitaient retweeter une information...
Car appuyer sur le bouton "Retweet" offert par Twitter depuis 2009 n'est pas la méthode la plus appréciée...
En observant ma timeline, je compte en moyenne sur 2 heures 15% de retweets par la fonction officielle Twitter!
En effet, préparer son "RT" maison permet d'ajouter un commentaire, de mentionner la personne etc...



Or quand Twitter remplaçait l'URL réduite par une adresse tronquée de la forme "mon-blog.com/archives...", il était impossible pour le lecteur de le copier/coller pour le retransmettre à ses followers (lecteurs...)!

Quand un outil est trop en décalage par rapport aux usages, il est voué à l'échec

L'abandon de cette lubie est donc une bonne nouvelle et laisse ouvert le champ des possibles: que va désormais proposer Twitter pour lutter contre les liens indésirables et cachés?

Pour info, si vous souhaitez réduire une URL avec t.co, il vous suffit de taper: http://twitter.com/share?url=XXX
en remplaçant XXX par votre lien!

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