Cécile Duflot, les Verts - par Karim Amar sur FlickR
Jean-Paul Besset, eurodéputé Europe Ecologie Les Verts, quitte le navire. Pour être exact, il décide de "renoncer à toute responsabilité" estimant qu'un climat de "guerre froide" s'est installé à la tête du parti. Mais le geste politique est là: dans une lettre amère intitulée "Pourquoi j'abandonne", le député européen dénonce les luttes d'ambitions et ne souhaitant pas être le faire valoir d'une prétendue "illusion fédératrice", il se retire...Pascal Durand devrait suivre.

Souvenirs?


Combien de Français ont rejoint le Mouvement Démocrate en 2007, mouvement nouvellement créé et porteur d'un espoir alternatif dans le paysage politique français, sclérosé par le sectarisme des deux grandes formations politiques, les monstres que constituent la coalition PC-PS-Verts et l'UMP.
Parmi eux, certains s'engagent activement, les uns par conviction, les autres parce que nouvel appareil devait bien signifier nouvelles places... Parmi les seconds on a senti un frémissement en 2009 après les mauvais scores électoraux des européennes. Puis le frémissement s'est transformé en claquements de portes en 2010 après l'échec des régionales.

Et les voilà qui sautent dans l'arche Europe Ecologie, le parti "hype" du moment!

Aujourd'hui qu'en reste-t-il? Les passes d'armes entre Daniel Cohn-Bendit et Jean-Vincent Placé aboutissent à des compromis étonnants comme le rappelle Jean-Paul Besset: "à l'image du nom retenu (Europe Ecologie-Les Verts), il reproduit ce que nous avions eu tant de mal à contenir dans l'avant Lyon". Il est à parier que ce départ d'un représentant modéré de la branche "Hulot" ne sera pas sans suite et risque de créer un profond malaise, un de plus, chez les sympathisants #EE...

Le recommencement perpétuel


Posons-nous les bonnes questions! Car le problème sous-jacent est profond: la France a besoin d'une voix nouvelle, et les Français sont en quête de renouveau. Dans un climat morose, de déceptions successives vis-à-vis du pouvoir actuel et plus généralement des partis en place, les citoyens ne savent plus à quel saint se vouer...
N'attendons pas de miracles, seul le travail de long terme permet d'installer une nouvelle manière de penser la politique.

La vie publique a besoin d'un changement profond, mais comme tout changement durable, il doit se faire dans la stabilité, la durée.

Trouver une voie durable d'engagement


On a reproché à François Bayrou de s'attaquer directement à la politique de Nicolas Sarkozy. Il l'a fait dès 2007, aujourd'hui les Français ont le bilan de cette politique sous les yeux! Je me rappelle également Jean-Michel Apathie le raillant quand il dénonçait le poids grandissant des déficits publics et de la dette... Aujourd'hui qui n'en parle pas?

Les fondamentaux du centre n'ont pas changé, lucidité et humanisme. Et il existe enfin un parti réellement indépendant, non aligné sur les deux machines de guerre "gauche" et "droite".

Pour sa constance et sa vision juste de la société, j'ai choisi de rester aux côtés de François Bayrou et de tous ceux qui oeuvrent à l'installation d'une voix centrale équilibrée au sein du Mouvement Démocrate.
Certains ne le comprenaient pas, mais les évènements récents me confortent dans ma conviction: seule la constance, la persévérance paie pour faire évoluer le paysage politique français durablement. Ce ne sont pas les coups qui comptent, c'est le travail de pédagogie à long terme auprès des Français: Paris ne s'est pas faite en un jour!


Je vous recommande la lecture de cet article de Rémy Lefebvre sur la situation de sclérose des gros partis.

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